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Affaire Ramadan : l’ombre des réseaux islamophobes

INFO PANAMZA. Nouvelles accusations contre Tariq Ramadan : les deux journalistes à l'origine du "scoop" sont liés à Christophe Deloire, un fan de Zemmour proche de la mouvance antimusulmane. Révélations.

Le 29.10.2017 à 21h40

Bienvenue en France, l'une des rares démocraties où un "journaliste" pris en flagrant délit d'affabulation peut continuer à exercer -au point d'être relayé sérieusement par ses confrères.

Connaissez-vous Jean-Michel Décugis (en bas, à gauche de l'image)?

ramaSalarié du Parisien et édité par Bernard-Henri Lévy, l'homme à l'origine de la révélation d'une seconde plainte et d'un troisième cas dans l'affaire Ramadan n'est pas exactement un modèle de déontologie journalistique.

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En 2013, Panamza lui avait consacré un long papier. Extraits : 

Jean-Michel Decugis, l'auteur de l'enquête du Point sur "la femme de polygame"… qui s'appelait Adbel.

Abdel, un fixeur, avait piégé le journaliste du Point pour démontrer que les journalistes ne faisaient pas les vérifications nécessaires quand ils enquêtent sur la banlieue.

En 2010, le journaliste Jean-Michel Décugis, assisté par une Sonia Imloul devenue depuis bouc émissaire de l'affaire, a bel et bien trompé -lui et ses deux co-auteurs- les lecteurs du journal en leur laissant penser qu'il avait rencontré ce personnage inventé de toutes pièces par Abdel El-Otmani

Il s'agissait d'un entretien réalisé par téléphone : Jean-Michel Décugis, "spécialiste des banlieues" selon Laure Adler, avait même décrit, dans son article intitulé "Un mari, trois épouses", le visage "légèrement scarifié" de cette femme.




Le PDG du magazine n'avait pas condamné la malhonnêteté du procédé: pour Franz-Olivier Giesbert, il s'agissait simplement d'un "mauvais concours de circonstance", voire d'un "coup monté". L'Edition Spéciale de Canal+ avait également manifesté sa solidarité envers Le Point, présenté comme une victime de l'affaire. Même défense corporatiste pour l'hebdomadaire L'Express et le site Slate. Comble de l'ironie, la posture victimaire fut adoptée par Jean-Michel Décugis lui-même qui menaça plusieurs médias de porter plainte pour "diffamation". Le quotidien belge Le Soir avait pourtant posé la bonne question : "De fait, qui est le plus à plaindre, le journaliste piégé ou les lecteurs du Point?"

A l'inverse des sauveurs du Point, le sociologue Eric Fassin avait salué cette "ingénieuse supercherie" tandis que l'avocat Gilles Devers avait fustigé le magazine qui "nous roule dans la farine".

Outre le racolage de ses couvertures islamophobesLe Point est coutumier, comme le rappelle fréquemment le site Acrimed, de petits arrangements avec la vérité sous prétexte, parfois, de contacts privilégiés avec des sources policières.

Quant à Jean-Michel Décugis, "grand reporter" présenté -sans rire- par Rue89 (sous la plume de l'une de ses anciennes élèves) comme un "enquêteur sérieux", l'auteur de ces lignes peut témoigner d'un incident révélateur à son sujet. Au printemps 2008, je suivais un cours relatif à "l'écriture journalistique" et dispensé par l'intéressé au Centre de Formation des Journalistes de Paris. Mon choix de sujet s'était porté sur le cas de ces immigrés clandestins, tel Baba Traoré, qui trouvaient la mort en fuyant la police. Lors de nos corrections, Jean-Michel Décugis ne cessait d'altérer certaines informations de mes papiers : ainsi, tel patronyme ne lui convenant pas, il décidait d'en changer. Même chose pour l'âge, le métier ou la ville de résidence des personnes interrogées. Il fallait être "efficace" et ne pas s'embarrasser d'une quelconque rigueur que personne ne viendrait vérifier derrière. Au début, j'avais cru que son intention consistait à tester la résistance et l'aplomb de ses étudiants avant de m'apercevoir qu'il nous encourageait bel et bien à ne pas nous soucier des détails, pourvu que l'article rédigé soit captivant. Le sensationnel au détriment du réel, en somme.

Mon refus nous a conduit à une altercation verbale. A ma grande surprise, tous les autres étudiants de ce cours se sont pliés sans rechigner à la méthode Décugis. Si certains ironisaient dans les couloirs sur la malhonnêteté du procédé, la plupart n'y trouvaient simplement rien à redire. Pour cause : ce cours faisait l'objet d'une notation supervisée par Christophe Deloire, alors directeur du CFJ et actuel patron de Reporters sans frontières. Celui-ci avait fait venir le journaliste au CFJ pour le simple motif que ce dernier était auparavant son camarade à la rédaction du Point. Comme Décugis, Deloire aime les sujets sensationnalistes, quitte à déformer la réalité comme l'illustre son "enquête", chaleusement recommandée par l'ex-Frontiste Bruno Mégret et intitulée "Les islamistes sont déjà là".

Si Jean-Michel Décugis n'a pas été sanctionné pour son bidonnage sur la "femme du polygame", contrairement à ce qui se serait produit en Angleterre ou aux Etats-Unis, la raison en est simple: aux yeux de nombreux cadres journalistes de l'Hexagone,  l'important n'est pas de "tricher" mais de savoir justifier son éventuel recours au mensonge.

Panamza avait également évoqué en 2015 le cas de son ami (à droite de l'image ci-dessus) : le zemmourien Christophe Deloire, défenseur zélé de la version officielle du 11-Septembre, aujourd'hui à la tête de Reporters sans frontières.

Extraits : 

Christophe Deloire avait antérieurement participé –en 2006– à un colloque international sur le "fascislamisme" organisé par le neoconservateur américain Frank Gaffney, ex-conseiller de George Bush et islamophobe ultra-sioniste proche du Likoud israélien. 

Ami (de longue date) de Jean-Charles Brisard et Guillaume Dasquié (tous deux ex-collaborateurs occultes de la DGSE et de la DCRI mais également de la nébuleuse sioniste américaine), Christophe Deloire est aussi celui qui avait lui-même occulté, en tant que patron de RSF, l'implication des services secrets français et israéliens dans l'espionnage du web.

Détail intéressant : le scoop de Décugis relatif à la seconde procédure judiciaire contre Ramadan avait été simultanément partagé par le quotidien Le Monde dont la journaliste-pigiste Besma Lahouri a également affirmé avoir pu consulter le dépôt de plainte.

Et qui est Lahouri ?

Une amie intime de Deloire.

En 2008, l'auteur de ces lignes -alors étudiant au CFJ, avait observé Deloire, par ailleurs éditeur à Flammarion (et déjà hostile à Ramadan comme en témoigne son livre "Les islamistes sont déjà là"), se vantant de préparer un gros coup contre le footballeur Zinedine Zidane. L'instrument de la manoeuvre : un livre de Besma Lahouri (promu ci-dessous le pro-israélien Sylvain Attal).

À son arrivée au CFJ (en janvier 2008), Deloire avait d'ailleurs tendance à vouloir sonder, tantôt habilement tantôt grossièrement, mes opinions politiques quant à l'islam, Charlie Hebdo ou Tariq Ramadan. L'objectif -maladroitement transparent- de l'individu alors réputé proche des "services" (notamment de la DGSE) : vérifier si ses élèves d'origine afro-maghrébine étaient de potentiels bons petits soldats du journalisme à la française ou de dangereux islamo-gauchistes susceptibles d'embarrasser un jour les autorités et les cercles atlantistes du pouvoir.

Bref : il ne s'agit pas ici d'aborder l'instrumentalisation du scandale Ramadan (voir le one-man-show Hassen Chalghoumi) ou la sincérité (ou pas) des plaignantes mais de souligner l'homogéneité idéologique (pro-Israël, anti-islam, connexions politiques et policières) des avocats et des "journalistes" (telle la désinformatrice pro-israélienne Caroline Fourest) qui s'avèrent être à la pointe de "l'info" sur le cas Ramadan.

Affaire à suivre…(bientôt, de nouvelles infos sur Panamza).



HICHAM HAMZA

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